Elle constate, avec ce regret poli qui sied aux grandes institutions bafouées, que nos clubs, par une coquetterie ou un oubli coupable, omettent sciemment de dévoiler leurs atours avant la bataille. Quelle offense faite au rituel !
Car enfin, qu’est-ce qu’un match de football, sinon un bal masqué où chaque prétendant doit annoncer la couleur de sa parure ? Le mauve et blanc de l’éternel Vital’O, le noir et blanc d’Inter Stars et d’Aigle Noir, ne sont pas de simples étoffes. Ce sont des étendards, des serments, des identités tissées de sueur et de gloire.
Aussi la Commission, en gardienne avisée de l’étiquette sportive, rappelle-t-elle la bienséance :
Que l’hôte, en gentleman accompli, daigne révéler sa tenue trente-six heures avant le coup d’envoi, laissant ainsi à son visiteur le loisir de s’ajuster, de ne point paraître en tenue discordante qui gâcherait la symphonie visuelle du stade.
Que le visiteur, à son tour, fasse preuve de la même courtoisie, vingt-quatre heures avant l’heure fatidique.
Que cet aveu chromatique soit murmuré non dans le vent, mais dans l’intimité numérique du groupe WhatsApp que Monsieur Baguma Gustave , tel un confesseur des couleurs, a créé et veille avec une dévotion d’orfèvre.
Et que quiconque, par orgueil ou négligence, manquerait à ce code de l’honneur, s’acquitte d’une obole de deux cent mille francs burundais. Non comme une punition, mais comme le prix d’une fleur offerte en réparation.
Loin d’être une contrainte, ce dernier rappel est une ode à la beauté du jeu. Il nous rappelle que le football, avant d’être un affrontement de tactiques et de muscles, demeure une histoire d’élégance, de respect, et de couleurs qui s’aiment ou se défient sous le ciel d’Intwari.
Puissent les présidents des clubs entendre cet appel.
Patrick Sota
