SENEGAL-AFRIQUE-AGRICULTURE
Dakar, 26 oct (APS) – Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a entamé, lundi, à Dakar, une réunion de trois jours consacrée à l’évaluation annuelle et à la planification stratégique de son initiative ‘’One Sahel’’.
Les participants vont discuter des programmes régionaux du FIDA au Sahel.
‘’L’impact doit rester notre boussole. La durabilité de nos résultats est une priorité. Cette [rencontre] se veut un espace d’apprentissage, de décision et d’action’’, a souligné le directeur régional de la division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, Bernard Hein.
Il signale que le FIDA, une agence spécialisée des Nations unies, intervient dans le Sahel, une région confrontée à des ‘’défis particulièrement complexes’’, dont le changement climatique, l’insécurité alimentaire, la pression sur les ressources naturelles et les difficultés d’accès aux marchés.
‘’Ces défis souvent interdépendants et exacerbés par les crises sécuritaires et les déplacements de populations appellent des réponses coordonnées, adaptées aux réalités locales et inscrites dans une perspective régionale’’, a dit M. Hein.
D’après lui, face à ces défis, le FIDA, en tant qu’institution financière, a progressivement construit un portefeuille régional important, qui comprend le Programme conjoint pour le Sahel en réponse aux défis de la COVID-19, des conflits et du changement climatique (SD3C) et le Programme africain de gestion intégrée des risques climatiques (AICRM).

Le directeur régional de la division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, Bernard Hein
L’investissement destiné à ces programmes s’élève à près de 324 millions de dollars, presque 190 milliards de francs CFA, a indiqué Bernard Hein.
Selon lui, le SD3C, doté de 180 millions de dollars américains (105 milliards de francs CFA) et mis en œuvre depuis 2020 pour une durée de six ans, a atteint près de 1 million de bénéficiaires vivant dans six pays du Sahel : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.
Les femmes constituent la moitié des bénéficiaires, a signalé M. Hein.
L’AICRM, avec un financement de 143 millions de dollars américains (83,8 milliards de francs CFA), cible environ 800 000 bénéficiaires vivant dans sept pays du Sahel.
Les femmes représentent également 50 % des bénéficiaires de ce programme à mettre en œuvre d’ici à 2029, selon le directeur régional de la division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA.

Cheikhou Oumar Ba, le ministre chargé de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage au Sénégal
‘’Ces données traduisent l’ampleur de notre ambition et de notre responsabilité’’, a-t-il souligné, invitant le personnel du FIDA et les gouvernements des pays concernés à ‘’travailler main dans la main’’ à une transformation ‘’inclusive et résiliente’’ du monde rural des États du Sahel.
‘’Je voudrais saluer la qualité de l’engagement du FIDA en termes d’impact, d’accompagnement des femmes, celles du monde rural particulièrement. Je salue aussi l’importance qu’il accorde au gouvernement du Sénégal et à la priorité accordée à l’accès aux marchés’’, a dit Cheikhou Oumar Ba, le ministre chargé de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage au Sénégal.
L’accès des agriculteurs aux marchés va permettre d’augmenter leurs revenus et de réduire l’ampleur de la pauvreté, selon M. Ba.
‘’Une revue annuelle n’est pas un exercice comptable. Elle doit nous permettre de répondre à une question simple : qu’est-ce qui a changé concrètement dans la vie des ménages ruraux que nous servons ?’’ a-t-il ajouté en prenant part à la réunion d’évaluation.
‘’Dans un contexte de recul de l’aide publique au développement et de fortes contraintes budgétaires, chaque franc dépensé doit produire davantage d’impact et de performances’’, a souligné Cheikhou Oumar Ba.
MFD/ESF
