À l’heure où la République de Maurice s’apprête à repenser les fondements de sa loi suprême, Shafick Osman, docteur en géopolitique diplômé de l'Université Paris-Sorbonne, annonce avoir officiellement soumis un mémorandum complet à la Commission de révision constitutionnelle le vendredi 23 octobre 2026.
Intitulé « A Geopolitical Blueprint submitted for a Decolonized Mauritius », ce document propose une refonte structurelle majeure visant à moderniser les institutions et à parachever la décolonisation de l'État mauricien.
S'appuyant sur ses compétences académiques et ses analyses des dynamiques régionales, Shafick Osman avance que la véritable souveraineté ne peut se limiter à une indépendance de façade. Elle exige une réappropriation profonde de la langue de l’État, de la configuration du pouvoir exécutif, de l’intégration pleine et entière de son territoire maritime et insulaire, ainsi que de l’indépendance absolue de ses modèles judiciaires et fonciers.
Le mémorandum s'articule autour de 12 piliers stratégiques clés :
1. Souveraineté populaire absolue : Amendement du Chapitre I, Section 1 pour retirer les termes prescriptifs hérités de l'ère coloniale, déplaçant l'autorité suprême de gouvernance directement vers le peuple via un référendum national obligatoire sous la Section 47(3).
2. Restructuration de l'Exécutif : Élection du Président au suffrage universel direct ou par un collège électoral décentralisé et élargi, avec suppression de la limite de mandats pour s'aligner sur le cadre ouvert de la fonction de Premier ministre.
3. Désenclavement et intégration des îles éparses : Dissolution de l’OIDC et remplacement de son modèle de gestion par la création de Conseils insulaires constitutionnellement protégés pour Agalega, Cargados Carajos (St. Brandon), Tromelin et l’archipel des Chagos.
4. Représentation des territoires périphériques : Intégration permanente d’un cadre technique senior originaire de Rodrigues et des autres îles au sein de chaque ministère, corps parapublic et conseil d’administration où l’État détient plus de 30 % des parts, doublée d’un accès au Conseil des ministres pour les chefs exécutifs régionaux.
5. Modernisation des collectivités locales : Instauration d’un seuil démographique dynamique automatique (10 000 habitants) pour élever les grands villages au statut constitutionnel de villes et fusionner les conurbations rurales contiguës.
6. Refonte du système électoral : Remplacement du modèle plurinominal colonial par un système uninominal majoritaire à un tour (First-Past-The-Post) à 67 circonscriptions (60 pour l’île principale, des sièges distincts pour les îles éparses et deux sièges extraterritoriaux pour la diaspora mauricienne globale), accompagné de l'abolition des déclarations communautaires.
7. Souveraineté judiciaire et égalité professionnelle : Remplacement du Judicial Committee of the Privy Council britannique par une Cour d'appel suprême nationale s'appuyant sur l'élite juridique internationale (avec une présidence de transition de 15 ans dévolue à un juge du Privy Council), et ouverture des examens du Council of Legal Education à tout citoyen titulaire d’un diplôme de droit mondial reconnu.
8. Exclusivité de l'allégeance nationale : Suppression des clauses historiques permettant aux ressortissants étrangers du Commonwealth de se porter candidats, et restriction stricte de la fonction publique, de la diplomatie et des postes constitutionnels (Chief Justice, DPP, Ombudsman, etc.) aux détenteurs de la seule et unique citoyenneté mauricienne.
9. Création d'une Armée nationale permanente : Transformation des unités paramilitaires existantes (SMF et NCG) en une force de défense militaire structurée sous le commandement suprême et civil du Président de la République, afin de garantir de manière autonome la sécurité des frontières et de l’immense Zone Économique Exclusive (ZEE).
10. Réforme foncière et domaine public : Abolition complète du système de « bail à perpétuité », un héritage du droit colonial français, et conversion obligatoire de ces titres en baux étatiques standardisés de 99 ans.
11. Démocratie linguistique : Remplacement du monopole de l’anglais et du français par une règle démocratique autorisant l'usage législatif de toute langue parlée par au moins 5 % de la population (officialisant de facto le Kreol Morisien), soutenue par le déploiement d’infrastructures de traduction et de diffusion en temps réel.
12. Protection contre les discriminations vestimentaires : Interdiction stricte de l’utilisation des codes vestimentaires institutionnels comme outils d'exclusion sociale ou culturelle, en ancrant la protection des vêtements traditionnels, ancestraux ou religieux directement sous les bannières constitutionnelles de la liberté de conscience et du « crédo ».
Une synthèse (en anglais) présentant les contours et les justifications de cette démarche est accessible sur le site officiel de l'auteur : https://shafickosman.blogspot.com/2026/10/constitutional-review-committee.html?m=1.
