À Bargny, des habitants alertent sur les effets sanitaires et environnementaux qu’ils associent aux activités de la SOCOCIM, alors que l’entreprise a versé 45,7 milliards de francs CFA aux régies financières en 2024. Ces préoccupations ont été exprimées lors d’un forum communautaire organisé à Rufisque–Bargny autour du rapport 2024 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives.
La rencontre, organisée par la coalition Publiez Ce Que Vous Payez Sénégal, a permis de présenter les données du secteur et la place de la cimenterie dans l’économie. Les chiffres présentés lors du forum, rapportés par Senegaldirect, indiquent que les versements de la SOCOCIM représentent 12,8 % des recettes minières et 11 % des revenus extractifs totaux. En 2024, la SOCOCIM a versé 45,7 milliards de francs CFA aux régies financières.
Le rapport précise que ces recettes proviennent principalement de la fiscalité indirecte liée au ciment, plutôt que de l’exploitation du calcaire. Il fait également état de 747 milliards de francs CFA d’achats auprès de fournisseurs nationaux et de plus de 2 500 emplois, dont près de 70 % occupés par des personnes originaires du département de Rufisque.
À Bargny, Ndeye Yacine Dieng, habitante et militante, décrit les impacts de l’activité de la cimenterie comme « dévastateurs » pour l’environnement et la santé des communautés. Les préoccupations locales portent aussi sur le respect des normes environnementales, le rapport ne détaillant pas les paiements environnementaux de l’entreprise.
La SOCOCIM contribue aussi aux exportations régionales, notamment vers le Mali, la Gambie, la Mauritanie et la Guinée.
