SENEGAL-AGRICULTURE-PERSPECTIVES
Dakar, 27 oct (APS) – Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, a appelé à accélérer la transformation du système alimentaire sénégalais pour réduire la dépendance du pays aux importations.
”Nous avons besoin d’inverser la tendance”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’ouverture de la 9e édition du Festival Alimenterre, lundi, à Dakar, une initiative du Cadre national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), en collaboration avec Humundi-SOS Faim.
Cette édition porte sur le thème ”Souveraineté alimentaire au Sénégal : produire durablement, manger sainement, nourrir nos villages et nos villes”. Elle va se poursuivra jusqu’au 31 octobre à Thiès, après son lancement dans la capitale.
Selon le ministre de l’Agriculture, le Sénégal consacre chaque année près de 1 000 milliards de francs CFA à l’importation de produits alimentaires, estimant que cette situation représente à la fois un défi pour l’économie nationale et une opportunité pour les producteurs et les transformateurs locaux.
Il a rappelé que la souveraineté alimentaire constitue ”un pilier” de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, ainsi que de la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et de la Stratégie de souveraineté alimentaire 2025-2034.
Pour atteindre les objectifs arrêtés dans ce domaine, Cheikhou Oumar Ba a préconisé ”le développement de chaînes de valeur territorialisées, une meilleure organisation des circuits de commercialisation et une plus grande consommation des produits locaux”.
”Nous devons manger ce que nous produisons et produire ce que nous mangeons”, a-t-il souligné, invitant les populations à valoriser davantage les produits du terroir et à diversifier leurs habitudes alimentaires.
Il a cité notamment la bouillie et le couscous parmi les préparations locales susceptibles de contribuer à cette ”évolution des comportements alimentaires”.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation de l’État, des collectivités territoriales, des organisations de producteurs, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers et des consommateurs.
Il a identifié ”le stockage, la régulation des marchés vivriers et la contractualisation” comme des ”défis majeurs à relever pour garantir des débouchés durables aux producteurs et renforcer la disponibilité des denrées alimentaires locales”.
Cheikhou Oumar Ba a, par ailleurs, fait état de l’expérimentation d’une ”plateforme numérique de gestion des subventions” dans les départements de Nioro et Tivaouane, qui a permis, selon lui, de toucher 57 398 producteurs.
Il a aussi annoncé la poursuite des travaux relatifs à la mise en place d’un Registre national électronique des agriculteurs, fondé sur le principe ”un producteur, une identité, un droit”.
MK/BK
